Week-end sélection du territoire

Les 10 et 12 novembre deux films sélectionnés par les services communautaires ont été diffusés.

Sélection du territoire

Le week-end du 10 au 12 novembre était placé sous le signe de la sociologie et du partenariat. C'est en effet en lien avec les services Petite enfance et le Point information jeunesse que le Mois du film documentaire présentait au public deux films hors sélection officiel, déniché spécialement pour vous par les services communautaires.

La sociologue et l'ourson de Mathias Théry et Étienne Chailou

De septembre 2012 à mai 2013, la France s'enflamme autour du projet de loi du Mariage pour tous. Pendant ces 9 mois de gestation législative la sociologue Irène Théry raconte à son fils, réalisateur, les enjeux sociologiques du débat. De ces récits naît un cinéma d'ours en peluches, de jouets et de bouts de cartons. Portrait intime et feuilleton national, ce film nous a fait redécouvrir ce que nous pensions tous connaitre : la famille.

Ce sont plus de 20 personnes qui se sont réunis à Sainte-Anne-sur-Vilaine pour la première participation au Mois du doc de la commune. ­Gaëlle Bedier-Leray, critique de cinéma, était présente pour animée les débats suivants la projection. Et les réactions ont été nombreuses, notamment face à cette réalisation si particulière de jouets et de bricolages. Des choix artistiques et financiers qu'a explicité Gaëlle : " le théâtre de marionnette permet une distance émotionnelle avec le sujet, pour davantage se pencher sur la mécanique mise en place juridiquement, sociologiquement et médiatiquement. La figure de la mère est là pour contrebalancer tout cela ". Une figure maternelle qui a bien failli ne pas tenir cette place dans le film. En effet, initialement Irène Théry ne voulait pas être la figure centrale du film, ne souhaitant pas se retrouver en porte à faux sur un débat très violent sur la scène médiatique française à l'époque. Après avoir interviewer de nombreux autres spécialistes, le duo de réalisateurs a finalement réussi à la convaincre que c'est sa voix, de femme, de mère et de sociologue, qui donnait cette dimension toute particulière au documentaire. À travers cette figure familiale personnifiée, comme pour Marc Garanger dans Vivre avec son oeil, c'est la grande Histoire qui défile sous nos yeux à travers la petite histoire.

L'Odyssée de l'empathie de Michel Meignant et Mario Viana

En éduquant nos enfants dans la bienveillance, ceux-ci deviendront des adultes altruistes, capables d'éradiquer la violence dans le monde et de respecter la nature pour sauver l'humanité. C'est ce que nous montre ce film, à travers de nombreux témoignages. Les origines de l'humanité, la bienveillance de Matthieu Ricard, les bushmen du Kalahari, le cultivateur philosophe Pierre Rabhi, les dernières découvertes des neurosciences nous prouvent qu'une enfance heureuse et sans violence est à l'origine naturelle de l'empathie.

Une vision bienveillante de l'éducation et de nos rapports aux autres qui a fait écho chez les près de 90 personnes réunies à La Bosse-de-Bretagne, en présence de la Maire Nathalie Gestin et de Suzanne Gimard Sébilo, co-productrice du film. Cette dernière étant également accompagnatrice parentale et familiale, elle a pu répondre aux nombreuses questions qui ont fusées suite à la projection. Le documentaire, couplé aux interventions de Suzanne, traite certes de valeurs philosophique et de moeurs à faire évoluer collectivement, mais aborde également des solutions concrètes, notamment via le prisme juridique.

Longtemps, nous avons pensé que le cerveau de l'enfant était le cerveau de l'adulte en miniature. Hors, les neurosciences nous montrent que ce n'est pas du tout le cas. Le cerveau est inachevé à la naissance. Il termine sa maturité entre l'âge de 25 à 28 ans. Cette notion est très importante car elle implique que pour le jeune enfant, il y a encore nombre de compétences qu'il n'a pas du fait de son immaturité cérébrale (gestion de ses émotions, abstraction, liens de cause à effet, ....). Il y a des demandes de l'adulte qui sont tout à fait impossible pour l'enfant (se calmer tout seul, réfléchir à ce qu'il a fait...). Ainsi que des fautes dont l'adulte le rend responsable qui ne sont pas du tout des capacités de l'enfant (stratégies à "chercher l'adulte", "il fait exprès", ...). Nous savons que l'environnement influence le développement du cerveau. Les petites ou fortes maltraitances ont des effets néfastes. Mais ce qui va dans ce sens va aussi dans le sens de la réparation. Et donc, il est possible, durant toute notre vie, de modifier les programmations de notre cerveau. Suivant les Violences Educatives Ordinaires subies, c'est plus ou moins long. Il est alors aidant de s'entourer d'un environnement empathique et aimant et mettre en place des actions de développement personnel.

Des préoccupations très quotidiennes pour les parents et professionnel·le·s présent·e·s qui ont appréciés " d'avoir des solutions concrètes à mettre en place et pas seulement une espèce d'utopie inatteignable ". Avant de conclure que des formations et de l'accompagnement collectifs sont nécessaires pour faire bouger les choses ensemble, " pour nos enfants et leur futur ". Un accompagnement notamment disponible sur notre territoire via le Service Petite enfance communautaire.

Pour aller plus loin :

  • 4 DVDs du films ont été achetés par la Communauté de communes et seront disponibles à tour de rôle dans les médiathèques du territoire. Vous pouvez retrouver ses disponibilités via le catalogue numérique.
  • Un article de Terrehap.fr présentant le modèle Danois, à travers des cours d'empathie dans les écoles élémentaires.
  • Les enfants naissent-ils altruistes ? Plusieurs expériences sociologiques cherchent à étudier la générosité et l'abnégation chez les jeunes enfants. Un exemple ici.


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