Vivre avec son oeil - 3 questions à la réalisatrice Naïs Van Laer

La réalisatrice Naïs Van Laer était présente à La Dominelais pour la projection de son deuxième film, Vivre avec son oeil.

3 questions à Naïs Van Laer

Naïs Van Laer, réalisatrice de Vivre avec son oeil, avait fait le déplacement à La Dominelais jeudi 9 novembre pour la projection de Vivre avec son oeil, son deuxième film. Souriante et disponible, c'est entre deux échanges avec le public qu'elle a accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi vivre avec son oeil ?

Vivre avec son oeil c'est avant tout une affaire de rencontre. J'ai rencontré Marc [Garanger] en 2010 à New-York. L'une de mes amies était sa traductrice et elle nous a proposé, à moi et d'autres réalisateurs, de filmer de courtes présentations de Marc. Lors de cette première approche j'ai tout de suite été touchée par la personne qu'il était et par son travail, qu'étonnement je ne connaissais pas. En creusant un peu j'ai conforté mon idée qu'il fallait faire quelque chose de cette histoire, de ce personnage. C'était assez naturel pour moi et dans la continuité de mes travaux précédents : l'on se rejoint sur beaucoup de point, ce serait-ce que notre regard sur la résistance des cultures minoritaires qui est un de nos moteurs. Il a fallut du temps pour faire aboutir le projet, écrire le film et finalement se lancer. Pendant tout ce temps nous étions en contact avec Marc et le film prenait forme dans ma tête.

Quant au titre, là aussi c'est un peu le hasard d'une rencontre avec Marc. Lors de notre tout premier entretien pour préparer le documentaire, il avait du mal à trouver ses mots pour parler de son parcours, de son travail, avant d'avoir finalement cette phrase " c'est cela la photographie pour moi, c'est comme vivre avec son oeil ". Et au moment où il l'a prononcé j'ai trouvé la formule si forte et juste que j'ai su que j'en ferais quelque chose.

Vivre avec son oeil est votre deuxième documentaire. Pourq­uoi le choix de ce format ?

Là encore le hasard d'une rencontre, décidément. En 2è année aux Beaux-Arts je ne savais pas du tout vers quelle spécialité me tourner. Puis le directeur du FID (Festival international du film documentaire) de Marseille est venu nous présenter son festival : c'est comme ça que j'ai découvert le format documentaire.

Ça a été un vrai coup de coeur. J'ai découvert un support qui mêlait art et vie réelle. C'est ce qui me plaît temps dans le documentaire, il permet de livrer une vision du monde mais également de soit-même. Et puis, le documentaire n'est pas un genre figé, il existe plein de sous-genres, ce qui permet une liberté, un espace d'expression encore plus grand.

Depuis presque un an Vivre avec son oeil tourne à travers le monde et a d'ailleurs reçu plusieurs prix, dont le dernier en date le Prix du Public au festival FestiFrance au Brésil en septembre. Une actualité qui reste donc très chargée. Avez-vous déjà un nouveau projet sur le feu ?

L'aventure Vivre avec son oeil n'est bien sûr pas encore terminée, mais en parallèle des différentes présentations je suis déjà bien engagée sur mon troisième documentaire puisque nous avons déjà commencé à tourner. Je reste dans des sujets qui me parlent, mais j'explore une nouvelle façon d'écrire puisqu'il s'agira d'un essai-documentaire, les Maîtres silencieux. Via ce projet je questionne le rapport à la nature, notamment via l'opposition nature-culture. Cette opposition sera illustrée à l'écran par les destins croisés de deux personnages : celui, réel, de Cindy, une taxidermiste qui s'initie au tir à l'arc, et celui, fictif pour le coup, d'un loup qui cherche son territoire en France. Cette partie de documentaire est filmé de manière immersive grâce à un dispositif sur-mesure qui nous permet de fixer une caméra sur la tête d'un loup. C'est nouveau pour moi mais très enthousiasmant à réaliser.

Un nouveau projet que l'on découvrira peut-être au Mois du film documentaire 2019 ?


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